Bases du droit constitutionnel, civil, pénal et du travail
De l'argent trouvé, une promesse orale, des insultes sur les réseaux sociaux. À partir de situations du quotidien, nous vérifions les notions de base de la Constitution, du droit civil, du droit pénal, de la procédure civile, de la procédure pénale et du droit du travail. L'explication de chaque question indique pourquoi on arrive à cette conclusion, en citant les articles ou les principes concernés. Pour un cas particulier, veuillez consulter un professionnel.
42 questions · 8 thèmes | Dernière mise à jour : 2026-09-28
Les trois grands principes de la Constitution du Japon sont la souveraineté du peuple, le pacifisme, et quoi encore ?
Le respect des droits fondamentaux de la personne
La séparation des trois pouvoirs
L'État de droit
L'autonomie locale
Réponse: A. Le respect des droits fondamentaux de la personne
Les trois grands principes sont la souveraineté du peuple, le respect des droits fondamentaux et le pacifisme. La séparation des trois pouvoirs est un mécanisme de gouvernement, destiné à empêcher l'abus en divisant le pouvoir : on la distingue des principes eux-mêmes.
Q2 | L'obligation de respecter la Constitution
À qui l'article 99 de la Constitution du Japon impose-t-il l'obligation de respecter et de défendre la Constitution ?
Au côté de l'État : l'empereur, les ministres, les agents publics
À l'ensemble des citoyens
Aux seuls citoyens majeurs
Aux seuls juges
Réponse: A. Au côté de l'État : l'empereur, les ministres, les agents publics
La Constitution est la règle qui lie le pouvoir d'État : c'est le constitutionnalisme. L'obligation de la respecter pèse donc sur ceux qui exercent ce pouvoir. C'est une tout autre question que les trois devoirs des citoyens, instruction, travail et impôt. Confondre les deux, c'est se tromper sur le rôle même de la Constitution.
Q3 | Les limites de la liberté d'expression
Malgré la liberté d'expression, qu'est-ce qui reste interdit ?
Répandre des faits mensongers qui salissent la réputation d'autrui
Critiquer le gouvernement
Défiler dans une manifestation
Publier un dessin satirique
Réponse: A. Répandre des faits mensongers qui salissent la réputation d'autrui
La liberté d'expression, garantie par l'article 21, se concilie avec les droits d'autrui au titre du bien-être public. Les révélations et les insultes sur les réseaux sociaux relèvent de l'atteinte à la réputation et de l'injure, et exposent à des dommages et intérêts élevés. Tout n'est pas permis au nom de la liberté de parole.
Q4 | Les droits nouveaux
Quel droit, absent du texte constitutionnel, a été reconnu sur le fondement de l'article 13 ?
Le droit à la vie privée
Le droit de vote
Le droit d'accès au juge
Le droit de propriété
Réponse: A. Le droit à la vie privée
Sur le fondement du droit à la recherche du bonheur, article 13, la jurisprudence a reconnu le droit à la vie privée et le droit à l'image. Le mécanisme complète le texte pour des droits que l'on n'imaginait pas lors de l'adoption de la Constitution, en 1946. L'intérêt à ne pas voir sa photo publiée sans autorisation en découle également.
Q5 | L'interdiction de la censure
Que vaut, en droit japonais, le fait pour l'État d'examiner un livre avant parution pour en empêcher la publication ?
C'est interdit de façon absolue
C'est possible avec l'autorisation d'un juge
C'est possible en cas d'urgence
C'est possible pour les ouvrages nuisibles
Réponse: A. C'est interdit de façon absolue
La censure, visée à l'article 21 alinéa 2, est comprise comme une interdiction absolue, sans exception, ainsi que l'a jugé l'affaire du contrôle douanier. Bloquer l'information avant qu'elle circule ruine le socle de la démocratie. L'interdiction préalable prononcée par un juge relève d'un cadre distinct, soumis à des conditions extrêmement strictes.
Q6 | L'affaire McLean
Les garanties des droits de la Constitution du Japon s'étendent-elles aux étrangers, selon l'arrêt McLean de la Cour suprême ?
Elles s'étendent autant que la nature du droit le permet
Elles ne s'étendent pas du tout
Elles ne s'étendent qu'aux résidents permanents
Elles ne s'étendent qu'aux ressortissants des pays liés par traité
Réponse: A. Elles s'étendent autant que la nature du droit le permet
La jurisprudence retient que les garanties valent également pour les étrangers, à l'exception de celles qui, par leur nature, ne visent que les nationaux. Mais la liberté de séjourner n'est pas garantie pour autant, et l'exercice d'un droit peut être pris en compte défavorablement lors du renouvellement du titre de séjour : telle est la conclusion sévère de cette affaire. Le sujet revient sans cesse à l'examen du barreau.
Droit civil
Q7 | L'âge de la majorité
À partir de quel âge est-on majeur au Japon aujourd'hui ?
18 ans
20 ans
16 ans
22 ans
Réponse: A. 18 ans
Depuis avril 2022, la majorité est fixée à 18 ans. À 18 ans, on peut souscrire seul un prêt ou un contrat de crédit, mais on perd en échange la protection qui permettait d'annuler un contrat au motif de la minorité. Méfiance envers la vente pyramidale et les formations en ligne miracles qui visent les nouveaux majeurs.
Q8 | La formation du contrat
Une promesse orale entre amis, je te prête 10 000 yens. Y a-t-il contrat ?
Oui, le contrat est formé
Non, faute d'écrit
Non, faute de sceau apposé
Il se forme au bout de 30 jours
Réponse: A. Oui, le contrat est formé
En principe, le contrat se forme par le seul accord des volontés, même oral : c'est le consensualisme. L'écrit sert à prouver ensuite. Une promesse verbale fait donc naître une obligation juridique. Reste que, sans preuve, on perd son procès : c'est là le vrai risque. Un fil de messagerie constitue une preuve tout à fait valable.
Q9 | Achat en ligne et rétractation
Un vêtement acheté en ligne. Peut-on le renvoyer au titre du délai de réflexion japonais dit cooling-off ?
Non, la vente à distance n'entre pas dans ce régime
Oui, sans condition dans les 8 jours
Oui, sans condition dans les 30 jours
Oui, sauf pour les denrées alimentaires
Réponse: A. Non, la vente à distance n'entre pas dans ce régime
Attention, la règle japonaise n'est pas celle de l'Union européenne. Le délai de réflexion dit cooling-off (クーリングオフ) vise les opérations conclues par surprise, démarchage à domicile ou sollicitation téléphonique. La vente en ligne, où c'est l'acheteur qui prend l'initiative, en est exclue. Le retour dépend alors des conditions de chaque boutique : à défaut de mention, le renvoi reste possible pendant 8 jours, les frais de port étant à la charge de l'acheteur. Croire que la vente à distance ouvre ce droit est l'un des malentendus les plus répandus.
Q10 | La remise en état du logement
Vous quittez un logement loué. Qui supporte en principe le remplacement des tatamis jaunis par le soleil ?
Le bailleur, c'est-à-dire le propriétaire
Le locataire
Les deux, à parts égales
La société de cautionnement
Réponse: A. Le bailleur, c'est-à-dire le propriétaire
L'usure née d'une occupation normale, jaunissement, marques de meubles, est déjà couverte par le loyer et incombe en principe au bailleur. La réforme du Code civil japonais (民法, Minpo) de 2020 l'a inscrit noir sur blanc à l'article 621. Si la somme est retenue d'office sur le dépôt de garantie (敷金, shikikin), négociez en vous appuyant sur les lignes directrices du ministère des transports et de l'aménagement. Les dégradations volontaires ou par négligence, brûlures de cigarette et autres, restent à la charge du locataire.
Q11 | L'inscription obligatoire des successions
Quelle formalité successorale est devenue obligatoire au Japon en 2024 ?
L'inscription au registre foncier du bien hérité, dans les 3 ans
La rédaction d'un testament
La déclaration anticipée des droits de succession
Le dépôt d'un arbre généalogique
Réponse: A. L'inscription au registre foncier du bien hérité, dans les 3 ans
Qui reçoit un bien immobilier par succession doit le faire inscrire au registre foncier dans les 3 ans, sous peine d'une amende administrative (過料, karyo) pouvant atteindre 100 000 yens. La règle s'applique depuis avril 2024 et vise aussi les successions antérieures. Elle répond au problème des terrains dont le propriétaire est inconnu. Laisser traîner multiplie les héritiers en cascade et rend la formalité inextricable : c'est là que le tableau des liens de parenté devient précieux.
Q12 | Le droit d'habitation du conjoint
Qu'est-ce que le droit d'habitation du conjoint survivant, créé en 2020 ?
Le droit, pour le conjoint qui reste, de continuer à habiter le logement familial
Le droit pour le conjoint d'hériter à coup sûr du logement
Un dispositif qui réduit de moitié le loyer du conjoint
Le droit d'habiter le logement même après un divorce
Réponse: A. Le droit, pour le conjoint qui reste, de continuer à habiter le logement familial
Même si la propriété du logement échoit à un enfant, le conjoint acquiert un droit d'habitation (配偶者居住権) et peut y demeurer jusqu'à la fin de sa vie. En séparant la propriété de l'habitation, le dispositif lui permet aussi de recevoir plus facilement des liquidités. Il s'établit par le partage successoral ou par testament, et son inscription au registre le rend opposable aux tiers.
Q13 | La part réservataire
Un testament lègue toute la fortune à une maîtresse. Le conjoint et les enfants n'auront-ils rien ?
Ils peuvent réclamer un minimum au titre de la réserve
Le testament prime, ils n'auront rien
Le testament est nul en entier
Cela se règle par une discussion avec la maîtresse
Réponse: A. Ils peuvent réclamer un minimum au titre de la réserve
Les héritiers légaux autres que les frères et sœurs disposent d'une réserve (遺留分, iryubun), une part minimale garantie, la moitié de la part légale pour le conjoint et les enfants, qu'un testament ne peut pas leur enlever. En cas d'atteinte, on réclame une somme d'argent par une action en réduction. Mais le délai est court, un an à compter de la connaissance des faits : il faut agir aussitôt.
Q14 | La prescription
Une dette s'éteint-elle avec le temps ? Au bout de combien d'années, en principe ?
5 ans à compter du jour où l'on a su pouvoir agir
1 an
20 ans
Elle ne s'éteint jamais par le temps
Réponse: A. 5 ans à compter du jour où l'on a su pouvoir agir
La réforme de 2020 a unifié la règle : 5 ans à compter de la connaissance, 10 ans à compter du jour où le droit pouvait être exercé. Mais la prescription ne joue pas d'elle-même : il faut l'invoquer expressément. À l'inverse, rembourser ne serait-ce qu'un yen ou reconnaître la dette la remet à zéro. Ignorer les relances comporte aussi son risque, celui d'un procès.
Droit pénal
Q15 | La présomption d'innocence
Le doute profite à l'accusé. Tant que la culpabilité n'est pas établie, comment le prévenu est-il traité ?
Comme innocent
Comme à moitié coupable
Comme coupable, puisqu'il est en détention
Comme coupable dès que la presse en parle
Réponse: A. Comme innocent
C'est le grand principe du procès pénal, la présomption d'innocence. Il n'y a culpabilité que lorsque le procureur a démontré les faits au point de ne plus laisser place à un doute raisonnable. Être arrêté ne fait pas de vous le coupable. Traiter en criminel une personne nommée par la presse et relayer l'information vous expose vous-même à une action pour atteinte à la réputation.
Q16 | Garder ce que l'on trouve
Un billet de 10 000 yens ramassé dans la rue, glissé aussitôt dans la poche. Qu'est-ce que c'est ?
Le détournement d'un bien perdu, qui est une infraction pénale
Illégal, mais pas une infraction pénale
Un droit à en garder la moitié
Un bien qui devient le vôtre au bout d'une semaine
Réponse: A. Le détournement d'un bien perdu, qui est une infraction pénale
Il s'agit du détournement d'un bien sorti de la possession d'autrui, puni notamment d'un an de détention au plus ou de 100 000 yens d'amende. Se contenter de ramasser suffit à constituer l'infraction. En déposant l'objet au poste de police, vous pouvez au contraire percevoir une récompense de 5 à 20 pour cent et, au bout de 3 mois, en devenir propriétaire. Garder pour soi n'est pas rentable.
Q17 | La légitime défense
Vous repoussez celui qui vous frappe. À quelle condition est-ce de la légitime défense ?
L'acte doit répondre à une atteinte illicite et imminente, sans autre issue possible
Dès lors que l'autre a frappé le premier, tout est permis
Il suffit que l'autre ne soit pas blessé
Il suffit d'avoir appelé la police sur place
Réponse: A. L'acte doit répondre à une atteinte illicite et imminente, sans autre issue possible
La légitime défense, prévue à l'article 36 du Code pénal japonais (刑法, Keiho), ne couvre que la riposte inévitable à une atteinte illicite et imminente. Frapper encore un adversaire déjà à terre devient un excès de défense ou des violences volontaires. Rendre coup pour coup est une vengeance, non une défense : ignorer cette frontière, c'est passer du rang de victime à celui d'auteur.
Q18 | L'injure plus sévèrement punie
Répondre à une célébrité sur les réseaux sociaux par disparais, idiot. Quelle infraction peut être retenue ?
L'injure, dont la peine a été alourdie en 2022
Aucune infraction
La destruction de biens
La menace, uniquement
Réponse: A. L'injure, dont la peine a été alourdie en 2022
Insulter sans articuler de fait précis relève de l'injure. Le durcissement de 2022 y a ajouté jusqu'à un an de détention et 300 000 yens d'amende, là où l'on ne connaissait que la contrainte de courte durée et l'amende de police. Alléguer un fait précis relève au contraire de l'atteinte à la réputation, punie jusqu'à 3 ans. Et il faut y ajouter la divulgation de l'identité de l'auteur, puis une réparation civile de plusieurs centaines de milliers de yens. L'anonymat ne protège pas.
Q19 | La tentative
Une infraction restée à l'état de tentative est-elle punissable ?
Seulement pour les infractions dont un texte prévoit la répression de la tentative
Pour toutes les infractions
La tentative n'est jamais punie
Elle n'est pas punie si la victime pardonne
Réponse: A. Seulement pour les infractions dont un texte prévoit la répression de la tentative
La répression de la tentative est l'exception : elle ne joue que pour les infractions dont le texte l'énonce, meurtre, vol avec violence, incendie, ainsi que le prévoit l'article 44 du Code pénal. La destruction de biens, par exemple, ne connaît pas de tentative punissable. Plus en amont encore, seuls quelques actes préparatoires, comme la préparation d'un meurtre, sont réprimés.
Q20 | L'âge de la responsabilité pénale
Un enfant de 13 ans blesse quelqu'un. Quelle peine encourt-il ?
Aucune, la responsabilité pénale ne commence pas avant 14 ans
La moitié de la peine ordinaire
Ses parents purgent la peine à sa place
Une simple amende
Réponse: A. Aucune, la responsabilité pénale ne commence pas avant 14 ans
L'article 41 du Code pénal exclut toute peine avant 14 ans. L'enfant relève alors de la protection du centre de guidance pour l'enfance ou du tribunal des affaires familiales (家庭裁判所, Katei Saibansho). La responsabilité civile, en revanche, suit une autre logique : ce sont les parents, tenus d'un devoir de surveillance, qui indemnisent. On ne s'en tire pas en disant que c'est un enfant.
Procédure civile
Q21 | La procédure de petite créance
Quelle procédure règle en principe en une seule audience un litige d'argent de 600 000 yens ou moins ?
La procédure japonaise de petite créance
La médiation familiale
La plainte pénale
L'exécution forcée
Réponse: A. La procédure japonaise de petite créance
La procédure de petite créance (少額訴訟, shogaku sosho) du tribunal sommaire est réservée aux demandes en argent de 600 000 yens ou moins. Le jugement tombe en principe le jour même, les frais se comptent en quelques milliers de yens, et l'on peut s'en servir sans avocat. Elle sert à récupérer un dépôt de garantie, une rémunération impayée, le prix d'une vente entre particuliers. Sachez toutefois que, si l'adversaire s'y oppose, l'affaire bascule en procédure ordinaire.
Q22 | La charge de la preuve
Dans un procès civil où l'on réclame le remboursement d'un prêt, à qui revient-il de prouver ?
À celui qui affirme avoir prêté, le demandeur
À celui dont on dit qu'il a emprunté, le défendeur
Le juge mène lui-même l'enquête
La police mène l'enquête
Réponse: A. À celui qui affirme avoir prêté, le demandeur
Au civil, le principe est que celui qui affirme doit prouver. Sans preuve, on perd, si vrais que soient les faits. Contrairement au pénal, la police ne fera rien pour vous. Pour un prêt d'argent, conservez toujours une reconnaissance de dette, un relevé de virement, des messages : c'est la meilleure des protections.
Q23 | La lettre à contenu certifié
Envoyer une lettre à contenu certifié par la poste donne-t-il une force exécutoire ?
Non, seuls le contenu et la date sont certifiés
Oui, l'ignorer entraîne une arrestation
Oui, elle permet de saisir les biens
Elle a force exécutoire si un avocat la signe
Réponse: A. Non, seuls le contenu et la date sont certifiés
La lettre à contenu certifié (内容証明郵便, naiyo shomei yubin) fait seulement attester par la poste qui a envoyé quoi et à quelle date : aucune force exécutoire. Elle prouve en revanche que la demande a été formulée, suspend l'achèvement de la prescription pendant 6 mois à titre de mise en demeure, ainsi que le prévoit l'article 150 du Code civil, et produit un effet psychologique non négligeable. Pour saisir, il faut un titre exécutoire, un jugement par exemple.
Q24 | Le triple degré de juridiction
Quel est le parcours lorsqu'on conteste une décision de justice au Japon ?
Appel, puis pourvoi, l'affaire pouvant être examinée 3 fois au plus
Révision, puis appel
Pourvoi, puis appel
Recours incident, puis plainte
Réponse: A. Appel, puis pourvoi, l'affaire pouvant être examinée 3 fois au plus
Première instance, puis appel en deuxième instance, puis pourvoi en troisième : c'est le triple degré de juridiction, conçu pour juger avec soin et corriger les erreurs. Le pourvoi n'est toutefois ouvert que pour des motifs limités, violation de la Constitution ou contrariété de jurisprudence : le simple mécontentement ne suffit pas. Le délai d'appel est de 2 semaines à compter de la signification, après quoi la décision devient définitive.
Procédure pénale
Q25 | Le droit de se taire
Lors d'un interrogatoire de police, ne pas dire ce que l'on ne veut pas dire, c'est quoi ?
Un droit garanti par la Constitution
Une entrave à l'action d'un agent public
Une circonstance qui alourdit la peine
Une faculté réservée aux étrangers
Réponse: A. Un droit garanti par la Constitution
Le droit de se taire découle de l'article 38 de la Constitution ; il s'exerce en garde à vue comme à l'audience, et nul ne peut en tirer de conséquence défavorable. Céder à la pression du ils vont mal le prendre et avouer à tort est la première cause des erreurs judiciaires. La règle d'or est d'appeler d'abord un avocat : l'avocat de permanence (当番弁護士, toban bengoshi) intervient gratuitement.
Q26 | L'exigence d'un mandat
Que faut-il en principe à la police japonaise pour arrêter quelqu'un ?
Un mandat délivré par un juge
L'autorisation du chef du commissariat
L'autorisation du procureur
L'accord de la victime
Réponse: A. Un mandat délivré par un juge
L'arrestation suppose en principe un mandat délivré par un juge : c'est l'exigence du mandat, posée à l'article 33 de la Constitution. L'exception est notamment l'arrestation en flagrant délit. La perquisition et la saisie exigent également un mandat. La convocation dite volontaire et la remise dite volontaire d'un objet sont, elles, réellement facultatives : savoir qu'on peut refuser change tout dans la façon de réagir.
Q27 | Le monopole des poursuites
Qui décide de renvoyer un auteur d'infraction devant le tribunal, autrement dit d'engager les poursuites ?
Le procureur
L'officier de police
Le juge
La victime
Réponse: A. Le procureur
Le pouvoir d'engager les poursuites appartient au seul procureur, c'est le monopole des poursuites, et il dispose en outre du pouvoir de ne pas poursuivre selon les circonstances, ce qu'on appelle l'opportunité des poursuites et le sursis à poursuivre. La victime a beau annoncer qu'elle va porter l'affaire en justice, c'est le procureur qui déclenche le procès pénal. Contre un classement, il existe un recours devant le comité d'examen des poursuites (検察審査会, Kensatsu Shinsakai).
Q28 | Pourquoi 99 pour cent de condamnations
Pourquoi dit-on que le taux de condamnation dépasse 99 pour cent dans les procès pénaux japonais ?
Parce que seules les affaires dont l'issue est quasi certaine sont poursuivies
Parce que les juges sont sévères
Parce qu'il y a peu d'avocats
Parce qu'une loi rend la condamnation automatique après un aveu
Réponse: A. Parce que seules les affaires dont l'issue est quasi certaine sont poursuivies
La cause principale tient à ce que le procureur, disposant du pouvoir d'opportunité, choisit de poursuivre les affaires dont la condamnation est assurée. Autrement dit, être renvoyé devant le tribunal, c'est presque déjà être condamné. C'est pourquoi le travail de la défense avant les poursuites, empêcher la détention, obtenir un classement, est décisif : tous les pénalistes le savent.
Droit des mineurs
Q29 | Les mineurs désignés
Comment la réforme de la loi sur les mineurs, en 2022, nomme-t-elle les jeunes de 18 et 19 ans ?
Mineurs désignés
Quasi-majeurs
Jeunes majeurs
Mineurs restreints
Réponse: A. Mineurs désignés
Pour accompagner l'abaissement de la majorité à 18 ans, les jeunes de 18 et 19 ans sont devenus des mineurs désignés (特定少年, tokutei shonen). La protection de la loi sur les mineurs subsiste, mais on s'est rapproché du régime des adultes : les cas de renvoi au procureur ont été élargis, et la presse peut publier le nom une fois les poursuites engagées. À 18 ans, les situations où la loi sur les mineurs ne protège plus se multiplient : autant le savoir.
Q30 | Le renvoi systématique
Quand un mineur commet une infraction, où l'affaire est-elle d'abord envoyée ?
Devant le tribunal des affaires familiales, dans tous les cas
Devant le tribunal de district, dans tous les cas
Les affaires légères s'arrêtent au niveau de la police
Directement en établissement de rééducation
Réponse: A. Devant le tribunal des affaires familiales, dans tous les cas
Les affaires de mineurs sont en principe toutes transmises au tribunal des affaires familiales (家庭裁判所, Katei Saibansho) : c'est le principe du renvoi systématique. Un enquêteur social y examine le parcours et le milieu familial, moment où le tableau des liens de parenté prend toute son utilité, puis l'audience décide d'une mesure éducative, mise à l'épreuve sous surveillance ou placement en établissement de rééducation. Le but n'est pas de punir, mais de remettre le jeune debout.
Q31 | Le but de l'audience pour mineurs
L'audience devant le juge des mineurs a pour but d'infliger une punition. Vrai ou faux ?
Faux : le but est une mesure éducative en vue d'un développement sain
Vrai : le but est la même peine que pour un adulte
Vrai : le but est d'indemniser la victime
Faux : le but est la relaxe pure et simple
Réponse: A. Faux : le but est une mesure éducative en vue d'un développement sain
L'article 1 de la loi sur les mineurs énonce expressément comme but le développement sain du mineur. L'audience n'est pas publique, et les mesures, placement en établissement de rééducation ou mise à l'épreuve sous surveillance, sont d'abord éducatives. Les faits les plus graves font exception et sont renvoyés au procureur pour un procès pénal. On reproche parfois au système sa clémence, mais il repose sur les données de prévention de la récidive.
Droit du travail
Q32 | La durée légale du travail
Quelle est la durée maximale du travail fixée par la loi japonaise ?
8 heures par jour et 40 heures par semaine
10 heures par jour et 50 heures par semaine
8 heures par jour et 48 heures par semaine
L'entreprise la fixe librement
Réponse: A. 8 heures par jour et 40 heures par semaine
C'est le grand principe de l'article 32 de la loi sur les normes du travail (労働基準法, Rodo Kijun Ho). Pour dépasser ces durées, il faut conclure et déposer l'accord dit sanroku, du nom de l'article 36, et payer une majoration. Il n'y a aucune raison d'accepter sans discuter que la maison travaille 9 heures. Commencez par vérifier la durée conventionnelle de votre entreprise et l'existence de cet accord.
Q33 | Le taux de majoration
Quel est le taux minimal de majoration du salaire pour les heures supplémentaires au-delà de la durée légale ?
25 pour cent
10 pour cent
50 pour cent
5 pour cent
Réponse: A. 25 pour cent
Au moins 25 pour cent pour les heures au-delà de la durée légale ; 25 pour cent de plus pour le travail de nuit, de 22 heures à 5 heures ; au moins 50 pour cent au-delà de 60 heures par mois, règle étendue aux petites et moyennes entreprises depuis 2023. Payer un forfait d'heures supplémentaires ne dispense pas de régler le dépassement, faute de quoi l'employeur est en infraction. Prenez l'habitude de lire le détail de votre bulletin de paie.
Q34 | Sur quoi repose l'ordre d'heures supplémentaires
Dans quel cas l'entreprise peut-elle exiger des heures supplémentaires ?
Quand existent l'accord sanroku et une clause du règlement de travail interne ou du contrat
Dès qu'un supérieur le demande
Dès lors qu'un usage oral s'est installé
Toujours, s'agissant d'un salarié permanent
Réponse: A. Quand existent l'accord sanroku et une clause du règlement de travail interne ou du contrat
L'ordre n'est valable que si l'accord sanroku, prévu à l'article 36 de la loi sur les normes du travail, a été conclu et déposé, et si le règlement de travail interne (就業規則, shugyo kisoku) ou le contrat de travail prévoit la possibilité d'imposer des heures supplémentaires. À défaut, l'ordre est nul et le refus ne peut donner lieu à sanction disciplinaire. Même valable, il se heurte aux limitations prévues pour les salariés qui élèvent un enfant ou aident un proche, et un ordre qui met la santé en danger peut être refusé comme abusif.
Q35 | Le plafond des heures supplémentaires
Même avec l'accord sanroku, quel plafond d'heures supplémentaires ne peut en principe être dépassé ?
45 heures par mois et 360 heures par an
100 heures par mois et 1 200 heures par an
20 heures par mois et 240 heures par an
Il n'existe aucun plafond
Réponse: A. 45 heures par mois et 360 heures par an
Le plafond s'impose malgré l'accord de l'article 36. La réforme du travail engagée en 2019 a rendu ces plafonds contraignants, assortis de sanctions. Même avec une clause d'exception, des limites absolues s'imposent : 720 heures par an au plus, une moyenne d'au plus 80 heures sur plusieurs mois, moins de 100 heures sur un mois. L'employeur qui les enfreint encourt jusqu'à 6 mois de détention ou 300 000 yens d'amende. Les heures supplémentaires sans plafond sont tout simplement illégales.
Q36 | Les règles du licenciement
On vous annonce du jour au lendemain que vous ne revenez plus. Que dit le droit ?
Le licenciement est nul s'il manque un motif raisonnable et une justification socialement admise
Il est toujours valable dès que le patron l'a décidé
Il est toujours valable si l'on verse 30 jours de salaire
Il est toujours valable pendant la période d'essai
Réponse: A. Le licenciement est nul s'il manque un motif raisonnable et une justification socialement admise
Le licenciement est nul s'il n'a pas de motif objectivement raisonnable et n'est pas socialement admissible : c'est l'article 16 de la loi sur le contrat de travail (労働契約法) et la théorie de l'abus du droit de licencier. Sur la forme, il faut en outre un préavis de 30 jours ou une indemnité compensatrice. Être licencié n'est donc pas la fin de tout : rétractation, reconnaissance du maintien du contrat, indemnité transactionnelle se discutent souvent. Adressez-vous d'abord au bureau d'inspection des normes du travail (労働基準監督署, Rodo Kijun Kantokusho) ou au service de conciliation du bureau régional du travail.
Q37 | Les congés payés
Un salarié à temps partiel a-t-il droit à des congés payés au Japon ?
Oui, dès lors que les conditions sont remplies
Non, c'est réservé aux salariés permanents
Oui, mais seulement si le responsable l'autorise
Non, c'est déjà compris dans le taux horaire
Réponse: A. Oui, dès lors que les conditions sont remplies
Même à raison d'un jour par semaine, les congés sont attribués au prorata après 6 mois de présence continue et 8 dixièmes de jours travaillés. De plus, lorsqu'au moins 10 jours sont attribués dans l'année, l'employeur a l'obligation d'en faire prendre 5, sous peine d'amende. Prétendre qu'un temps partiel n'a pas de congés payés est le classique du discours illégal. Il n'est pas non plus nécessaire de motiver sa demande, l'employeur pouvant seulement en déplacer la date.
Q38 | La prescription des heures impayées
Sur combien de temps peut-on réclamer rétroactivement des heures supplémentaires impayées ?
3 ans
1 an
10 ans
On ne peut pas les réclamer
Réponse: A. 3 ans
La prescription de la créance de salaire est fixée pour l'instant à 3 ans, la loi ayant vocation à la porter à 5 ans. Pointeuses, journaux de connexion, plannings et notes quotidiennes font office de preuves. La réclamation reste possible après le départ de l'entreprise. Dans les cas les plus graves, le tribunal peut condamner l'employeur à verser en outre une somme égale au titre de pénalité. Partir ne condamne pas à se taire.
Jurisprudence
Q39 | L'affaire Mitsubishi Jushi
Les garanties constitutionnelles des droits s'appliquent-elles directement entre une entreprise et un particulier, selon l'arrêt Mitsubishi Jushi ?
Non, elles ne s'appliquent qu'indirectement, par le canal du Code civil
Oui, elles s'appliquent directement
Directement, si l'entreprise est cotée en bourse
Directement, si le salarié en fait la demande
Réponse: A. Non, elles ne s'appliquent qu'indirectement, par le canal du Code civil
La Cour suprême a jugé que les garanties constitutionnelles régissent les rapports entre l'État et l'individu, ne s'appliquent pas directement entre particuliers, et n'agissent qu'indirectement par l'interprétation de dispositions telles que l'article 90 du Code civil, relatif à l'ordre public et aux bonnes mœurs : c'est la théorie de l'application indirecte. L'affaire, très célèbre, portait sur le refus d'embauche définitive opposé à un étudiant en raison de son passé militant.
Q40 | Le parricide déclaré inconstitutionnel
Comment la Cour suprême a-t-elle jugé la disposition qui punissait le meurtre d'un ascendant bien plus lourdement qu'un meurtre ordinaire ?
Contraire à l'égalité devant la loi, donc inconstitutionnelle
Conforme à la Constitution
Relevant du pouvoir d'appréciation du législateur
Elle a évité de se prononcer
Réponse: A. Contraire à l'égalité devant la loi, donc inconstitutionnelle
En 1973, la Cour suprême a rendu son tout premier arrêt déclarant une loi inconstitutionnelle. Une aggravation de peine restait concevable, mais réduire l'éventail à la mort ou à la détention à perpétuité constituait une discrimination déraisonnable, contraire à l'article 14. À l'arrière-plan, l'affaire d'une fille à bout après des années d'abus sexuels de son père. La disposition n'a été supprimée du code qu'en 1995.
Q41 | La distance imposée entre pharmacies
Comment la Cour suprême a-t-elle jugé la règle interdisant d'ouvrir une pharmacie à moins d'une certaine distance d'une pharmacie existante ?
Contraire à la liberté de choisir sa profession, donc inconstitutionnelle
Conforme, au nom de la santé publique
Conforme, si elle n'est qu'un devoir d'effort
Conforme, s'il s'agit d'un arrêté local
Réponse: A. Contraire à la liberté de choisir sa profession, donc inconstitutionnelle
Arrêt d'inconstitutionnalité de 1975. Le lien entre le but affiché, éviter la circulation de médicaments défectueux, et le moyen retenu était trop ténu, et la règle portait atteinte à la liberté de choisir sa profession, garantie par l'article 22. La décision est l'exemple type de la distinction entre finalité de police et finalité d'orientation économique, qui commande l'intensité du contrôle : sujet très fréquent à l'examen du barreau.
Q42 | L'affaire Asahi
Quelle est la position de la jurisprudence sur le droit à un niveau de vie minimum sain et cultivé, garanti par l'article 25 ?
C'est un objectif assigné à l'État, dont ne découle aucun droit de créance direct
Chacun peut réclamer directement une somme à l'État
Le juge peut fixer lui-même le montant
Un arrêté local peut librement l'abaisser
Réponse: A. C'est un objectif assigné à l'État, dont ne découle aucun droit de créance direct
Dans l'affaire Asahi et les décisions voisines, il a été jugé que l'article 25 proclame une mission de l'État et que le droit concret à une prestation se réalise par la loi, notamment la loi sur l'aide sociale (生活保護法). C'est la lecture dite programmatique. Cela n'empêche pas de contester en justice un recul du dispositif ou une application déraisonnable. Il est également important de ne pas hésiter à demander conseil sur l'aide sociale (生活保護, seikatsu hogo).
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